Beurre de karité et savons au beurre de karité 
L’arbre de Karite ne peut être cultivé. C’est un arbre complètement sauvage, qui freine la désertification. Ces deux caractéristiques participent à son caractère sacré en Afrique.
L'arbre à karité (de son nom scientifique (Butyrospernum Parkii), espèce agro-forestière soudanienne, pousse à l'état spontané dans la savane arborée.
Le karité est un arbre de 10 à 25 mètres de haut qui peut produire en moyenne 15 à 20 kilogrammes de fruits frais soit l'équivalent de 3 à 4 kg d'amandes sèches permettant d'obtenir environ 1.5 kg de beurre.
Le fruit du karité est vert jaune de 5 à 8 cm de longueur et de 3 à 4 cm de largeur. Il est très apprécié en tant que fruit. Il ne contient souvent qu'un seul noyau ovale, brun rouge : la noix de karité. Celle ci de 2.5 à 4 cm est munie d'une coquille luisante et fragile de 1 mm d'épaisseur et qui renferme toujours une amande.
Histoire
Le groupement féminin " LAAFI " compte aujourd'hui 53 femmes réparties sur trois villages: Katenga, Sabin et Lebda, au sud est de Ouagadougou.
Si le groupement actuel est né juridiquement en 1997, le mouvement de solidarité entre ces femmes existe depuis plus de 30 ans.
Leur premier objectif, alors, était de prendre en charge collectivement, les orphelins de ces différents villages, de leur assurer le toit et le couvert au cœur de leur famille.Puis se sont posés les problèmes de scolarisation des enfants, de santé. Plus récemment, elles ont pris en charge l'alphabétisation des femmes en moore puis en français. Le groupement se réunit toutes les semaines, le dimanche. La production collective du beurre et du savon de Karité est un complément d'activités pour améliorer leur niveau de vie au quotidien et financer leurs actions sociales.
La production du beurre de karité est une affaire de femmes. De mère en fille, elles apprennent les techniques ancestrales pour l'obtenir. La production de beurre est au départ une production individuelle mais la transformation est très contraignante et nécessite beaucoup de main d'œuvre et de temps ce qui amène les femmes à se regrouper pour en travailler de grandes quantités. C'est ainsi que sont nés de nombreux groupements de femmes productrices de beurre et savons, qui fabriquent et commercialisent ensuite leur production sur les marchés locaux essentiellement et de plus en plus à l'étranger.
La récolte du fruit se fait de juin en septembre **. Les amandes sont triées puis stockées à l'abri dans de grands sacs en jutes pour leur transformation en beurre et savon tout au long de l'année et jusqu'à la prochaine récolte. La très grande majorité des amandes est vendue par les femmes (non productrices) à des commerçants qui parcourent les villages à la recherche de cette marchandise. Le prix d'achat est très fluctuant et très bas, les commerçants tirant profit du besoin immédiat d'argent dans les villages en période de soudure et du besoin des femmes productrices à stocker les amandes en grande quantité pour leur production annuelle. Le mieux pour elles étant d'acheter les amandes directement aux femmes qui récoltent.
** Les amandes sont ramassées et non cueillies car sinon la noix sera trop acide.
Les différentes étapes de transformation
Le nettoyage des amandes se fait avec de l'eau. Cette opération s'effectue au moins deux jours avant l'extraction pour permettre aux amandes de sécher.
Le concassage pendant lequel, les amandes sèches sont réduites en morceaux à l'aide d'un petit pilon et d'une pierre plate.
La torréfaction qui consiste à griller les amandes de karité réduites sur un feu de bois.
Le pilage pour réduire encore la taille des particules à l'aide d'un mortier.
Le laminage ou la mouture se fait sur une meule traditionnelle ou au moulin. A l'issue de cette quatrième phase, on doit obtenir une pâte très fine.
Le barattage est l'extraction proprement dite. Cette opération est manuelle et effectuée dans un récipient profond. La pâte est mélangée à l'eau de telle sorte quelle soit légère au barattage ; elle est ensuite battue à la main jusqu'au blanchissement. Une grande quantité d'eau est ajoutée (80%) ; l'opératrice remue ensuite et récupère l'émulsion de beurre et d'eau à la surface.
Cette émulsion est lavée abondamment à l'eau puis, transférée dans une grosse marmite sur le feu. Au cours de cette opération, le beurre se déshydrate progressivement et les impuretés se déposent au fond tout au long du chauffage. Cette dernière opération est très importante car elle permet la déshydratation et la purification du beurre.
